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Evadés de France, internés en Espagne par  Marianne Vasquez

Nous inaugurons avec cet article de Marianne Vasquez les "chroniques pour faire vivre la mémoire historique". Marianne, petite fille de Joaquin Vasquez combattant républicain espagnol de La Nueve (2ème db) a été notre porte drapeau aux cérémonies de la libération de Paris le 25 août 2013. Sur la photo ci-contre le jeune républicain espagnol Joaquin Vasquez et sa petite fille Marianne dont il serait si fier aujourd'hui.

Evadés de France, Internés en Espagne

Sur la tombe de mon grand-père, Joaquin Vasquez, j’ai été intriguée par cette plaque. Je ne connaissais pas l’existence de ces ‘‘Évadés de France internés en Espagne’’. Je savais que mon grand-père avait rejoint la 2e DB, la Nueve, mais je ne connaissais pas jusqu’à ce jour ce terrible épisode de son parcours.

J’ai fais des recherches, j’ai lu des témoignages, et je suis attristée d’apprendre qu’encore une fois on a passé sous silence une période terrible de la vie de près de 70 000 hommes et femmes qui ont tenté de traverser les Pyrénées pour échapper à l’ennemi, au STO et à la France occupée, pour rejoindre la France Libre. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, la voie ouverte par les Pyrénées et l’Espagne était la seule probable pour rejoindre les Forces françaises combattantes (FFC).

70 000 personnes ont tenté le passage, sachant qu’ils risquaient la peine de mort. 23 000 y sont parvenus, 19 000 se sont engagés volontaires et 9 000 sont morts au combat. Ceux qui ont été capturés sont morts en déportation.

Après un dangereux et difficile périple pour traverser les Pyrénées, ils ont enfin aperçu la frontière espagnole et alors qu’ils étaient persuadés d’être enfin libres, ils se sont fait arrêter par les carabiniers espagnols.

Après fouilles et interrogatoires, on les a conduits dans des prisons ou dans le camp de Miranda de Ebro. Là, c’est pour eux l’incompréhension. Incarcérés dans des conditions terribles, à même le sol, ils sont nombreux dans des cellules prévues pour une seule personne. Sous-alimentés, malades, humiliés, battus, c’est l’enfer qui va durer des semaines, des mois. Quand ils demandent à leurs geôliers quand ils pourront être libres, on leur répond avec une certaine ironie : ‘‘mañana’’ ! Mon grand-père, lui a été interné 4 mois et 29 jours. Personne ne savait ou ils étaient, pas même leurs familles.

La croix rouge a fait beaucoup pour ces internés. Une délégation espagnole a été créée et faisait office d’ambassade. Elle a permis d’améliorer les conditions de vie des prisonniers, leur a fait parvenir des colis, des vaccins. C’est grâce à eux que des négociations ont été menées à bien afin d’échanger ces vies contre du blé, du phosphate. Des convois ont été organisés pour les acheminer vers Madrid, Malaga et enfin l’Afrique du Nord. (Mon grand-père, lui, est arrivé à Casablanca. Je cherche encore à ce jour le lieu de son internement en Espagne et le nom du Cargo sur lequel il a fait la traversée, j’ai fais une demande à la Croix rouge, qui j’espère pourra me donner ces informations).

Ils ont été accueillis en héros, honorés de la médaille des Évadés de France internés en Espagne. De là ils ont choisi leur Armée, pour Joaquin, ce fut la 2e DB, la suite on la connait mieux, bien que l’histoire et les exploits de la Nueve ne soient pas assez reconnus à mon goût.

Ces engagés volontaires subiront des pertes très lourdes. Leur motivation était hors du commun, ils ont été engagés, à leur demande, dans des unités de reconnaissance, des commandos, des postes très exposés.

Cette qualité unique d’Évadé de France interné en Espagne, engagé volontaire, est la preuve d’un acte patriotique fort de résistance. Malheureusement elle n’a toujours pas donné lieu à la reconnaissance officielle.

Ces jeunes de tous horizons d’un courage exceptionnel ont été considérés comme des résistants de seconde zone. Et leur histoire a été ignorée...

Jean-Claude Beïret Montagné, lui même Évadés de France internés en Espagne, organise une cérémonie le lundi 28 octobre 2013 à 15H à l’hôtel des Invalides à Paris.

Et le 18 octobre à 15H, projection du film ‘‘La filière espagnole’’ de Guy Teyssandier. Maison des associations

2 bis rue du Château, 92200 Neuilly/Seine. Gratuit sur réservation au 01 46 55 03 33

Evadés de France, internés en Espagne par  Marianne Vasquez
Écusson «mañana», insigne des associations d’Évadés de France internés en Espagne

Écusson «mañana», insigne des associations d’Évadés de France internés en Espagne

Tag(s) : #Chroniques pour faire vivre la mémoire historiques

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