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Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France (ASEREF)

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Française.

Demande du droit à reconnaissance et à réparation morale des victimes républicaines espagnoles internées dans les camps de concentration français en 1939 et utilisées par la suite comme main d’œuvre forcée.

18 juillet 1936, un coup d’Etat tente de renverser la République Espagnole et son gouvernement légalement élu. Très vite Hitler et Mussolini soutiennent militairement les rebelles. La France qui, dans un premier temps fait mine de soutenir la République, se réfugie rapidement dans la politique de « non intervention ». En Espagne, le peuple résiste, mais faute d’aide, la République chute irrémédiablement en 1939.

Dans cette tourmente, la France tiraillée par sa conscience accueille dès 1937, de nombreux réfugiés espagnols sur son territoire suite, notamment, aux bombardements de Guernica et du pays Basque par l’aviation allemande au service de Franco. Cet exil s’est amplifié au fil des mois. Adultes et enfants ont pu trouver refuge en France grâce souvent à la solidarité et aux nombreux Comités d’Aide à l’Espagne Républicaine.
Mais, début 1939, après la capitulation de Munich, la France opère un blocus encore plus meurtrier à l’encontre de la République espagnole qui manque cruellement d’armement. Pendant ce temps les populations civiles sont bombardées en Catalogne par l’aviation fasciste italienne.

Des centaines de milliers de réfugiés républicains espagnols civils et militaires convergent vers la frontière française. Par dizaines de milliers, ils ont été internés dans des camps de concentration notamment dans le Sud de la France. Parmi eux des milliers sont morts dans ces camps suite à leurs conditions d’internement.

La France de la Troisième République n’avait aucune raison d’exercer répression et surveillance à l’encontre des espagnols réfugiés, sauf à les considérer comme des ennemis sur le territoire français.
Nous savons que la France c’est d’abord le peuple et que la solidarité du peuple français s’est exercée à l’égard des républicains espagnols dans cette sinistre période. Des français ont su porter haut les valeurs de fraternité de la patrie des droits de l’Homme, comme ceux aussi qui s’engagèrent dans les Brigades Internationales pour défendre la République espagnole lâchée notamment par la France et l’Angleterre sous prétexte d’une fausse neutralité, ce que les gouvernements de l’époque appelaient « la non intervention ».

Dès février 1939, la surveillance et le fichage de ces espagnols par les Préfets à la demande du gouvernement Daladier a permis plus tard au gouvernement de collaboration de Vichy de livrer ceux-ci soit à Hitler soit à Franco.
En Espagne, ils étaient fusillés ou emprisonnés et torturés à leur arrivée. Du côté nazis ils étaient déportés dans des camps de concentration et d’extermination tels Mauthausen et son annexe Gusen.
La responsabilité de la France est grande dans ces déportations, et pas seulement la France de Vichy mais aussi celle de la troisième République.
Monsieur le Président de la République, lors de votre discours en tant que candidat aux élections présidentielles le 3 mai 2007 à Montpellier vous avez dit notamment « les républicains espagnols qu’on a parqué dans les camps n’ont rien oublié ».
Non, ils n’ont rien oublié, leurs familles non plus.
Nous demandons, sans haine et sans esprit de revanche, ce qui doit être simple justice et doit contribuer au devoir de Mémoire. Nous demandons que la France rende hommage officiellement à ces femmes et hommes qui luttaient pour la liberté des peuples, chassés de leur pays par un coup d’Etat militaire contre un gouvernement républicain légalement élu et traités sur le territoire de la République française comme des parias.
N’oublions pas non plus, le rôle important joué par beaucoup de républicains espagnols dans la Résistance pour la libération de la France, n’oublions pas que la Deuxième DB de Leclerc rentrée victorieuse à Paris le 24 août 1944 étaient composée de nombreux républicains espagnols.
Monsieur le Président de la République, nous vous demandons solennellement qu’au nom de la France vous vous exprimiez pour rendre justice à ces oubliés de l’Histoire de France.
Nous demandons un acte fort de reconnaissance de la part de la République Française à l’égard de celles et ceux qui ont tout perdu dans leur pays et qui ont tout donné pour la France.
Nous demandons que soit intégrée dans les manuels scolaires cette partie de l’Histoire de France occultée.

L’Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France (ASEREF) , est disponible pour envisager en coopération avec l’ensemble des associations engagées dans le devoir de mémoire qui le souhaitent, une rencontre avec les ministères concernés (Anciens Combattants et Education Nationale) pour que nous examinions les modalités d’une véritable reconnaissance et du droit à la réparation morale ainsi qu’une approche permettant une nouvelle réflexion historique sur le contenu des ouvrages scolaires. La jeunesse française doit savoir que des étrangers se sont levés aux côtés des français pour défendre le pays qui les avait si mal accueillis afin de défendre les libertés face à la barbarie nazie.

Eloi Martinez
Président de l’Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France
aseref@netcourrier.com

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