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Réflexions après une expo.

A Sète, ville singulière, port ouvert sur la méditerranée, où l’Italie est comme chez elle et l’Espagne plus discrète y est tout aussi bien, nous avons pu grâce à nos amis de la Bourse du Travail exposer quelques épisodes d’une période sombre et peu glorieuse de l’histoire de France. L’expo « Rouges sous haute surveillance » avec plus de 700 visiteurs est un véritable succès et révèle à quel point le sujet est sensible.

Quelle émotion ! Au terme de cinq semaines d’une exposition consacrée aux républicains espagnols, l’envie de faire partager cette histoire ne nous quitte plus. Nous avons pu au travers de multiples rencontres dialoguer avec des témoins directs de l’exil et des combattants survivants de la guerre d’Espagne, rencontrer de nombreux fils et petits fils d’exilés. Chacun racontant son histoire, une histoire empreinte de douleur mais aussi révélant l’exigence du combat pour le devoir de mémoire.

Cinq semaines, non pas en ballon mais en exposition pour crier que nous voulons que cela se sache. Que l’on sache, que la France n’a pas été correcte dans l’accueil des réfugiés espagnols vaincus par le fascisme, des républicains internés dans des camps de concentration par le gouvernement d’une France républicaine. Une France qui déjà se préparait à collaborer avec l’Allemagne nazie.

Cinq semaines d’exposition à Sète où nous avons constaté l’attente de beaucoup de familles sur la recherche de la vérité historique pour cette période. La recherche des racines dans une période où les dangers que représentent l’intolérance, la xénophobie sont toujours présents.

Certains nous disent déjà qu’il faudrait oublier, ou bien que le sort des espagnols dans les camps français n’était pas si terrible, ou bien encore que les franquistes n’étaient pas si méchants que l’on veut bien le dire et que les républicains espagnols ont commis de leur côté bien plus de massacres et d’exactions… C’est aller un peu vite, car, certes une guerre est une guerre, mais, qui a soutenu Franco pendant la guerre d’Espagne si ce n’est Hitler et Mussolini ? et qui a lâché la République espagnole en prônant la non intervention si ce n’est le gouvernement de la France issu du Front Populaire ? Qui a ouvert les camps de concentrations français ? N’est-ce pas Monsieur Daladier, radical, ancien ministre de Blum ? Qui a nommé Pétain ambassadeur à Burgos pour reconnaître le régime franquiste en mars 1939 alors que la République espagnole livrait encore ses derniers combats, n’est-ce pas encore monsieur Daladier?

Non la France ne peut pas botter en touche sur cette histoire, et les commémorations ne suffisent pas. Nous ne voulons pas que l’on pleure sur le sort des pauvres réfugiés qui « fuyaient » devant l’avancée des troupes franquistes… Ils ne fuyaient pas, ils préféraient mourir debout que de vivre à genoux. Ils l’ont prouvé par la suite en combattant dans les rangs de la Résistance en France.

La France leur doit reconnaissance et respect.

Eloi Martinez
Président de l'Association pour le Souvenir de l'Exil Républicain Espagnol en France (ASEREF)
aseref@netcourrier.com

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