L'Hommage à Pepita Gros Martinez décédée à l'âge de 99 ans
Elle repose au cimetière de Montredon des Corbières près de Narbonne. Notre ami Miguel Ayala qui a relaté son exil dans le livre "La poupée perdue" lui a rendu un dernier hommage lors des obsèques. Ci-dessous le discours prononcé par Miguel.
Miguel Ayala l'auteur de "La poupée perdue", aux côtés de Pepita Gros Martinez, qui retrace l'histoire de l'exil de Pepita de son village de Gaucin (Almeria) jusqu'en France

Le livre de Miguel Ayala qui relate l'exil de Pépita
C'est à pied que Pepita va parcourir les 350 kilomètres qui séparent Gaucin, son village natal, d'Alméria. Le voyage d'exil se poursuivra en train jusqu'à Valence, puis en camion jusqu'au Val d'Aran. C'est enfin à pied qu'elle franchira un col des Pyrénées dans la neige, la neige qui sera le linceul de sa poupée définitivement perdue.
Une nouvelle vie va se construire en France, d'abord à Millau où elle rencontrera celui qui deviendra son mari, Paco, un espagnol en exil comme elle, passé par le tristement célèbre camp d'Argelès, puis à Bize, à Mirepeisset, à Narbonne et à Montredon. Deux enfants, Lydia et Floreal viennent donner du bonheur au couple. Un bonheur qui sera une porte ouverte vers des petits enfants Valérie et David et arrières petits enfants Amandine, Mathilde, Evann et Corentin.
Mais Pepita n'oubliera rien des premières années de sa vie. Comment oublie l'horreur lorsqu'à neuf ans on se cache sous un pont pour se protéger des mitraillages allemands ? Comment oublier lorsqu'à neuf ans elle doit enjamber des cadavres pour continuer à avancer sur la route qui relie Malaga à Alméria ?
Pepita s'en souvient et répète : « Mon père me disait : apprends à lire et écrire, ça te servira toute la vie. » Des mots qui l'inciteront à écrire sur un cahier d'écolier les choses essentielles de sa vie, comme un précieux héritage, la transmission de son vécu et de sa mémoire. Elle ne se trompait pas. Il y a exactement un an, le 19 juin 2025, elle me disait « Il faut défendre la liberté et la démocratie et transmettre aux générations actuelles et futures pour que de telles atrocités ne se reproduisent pas. ».
C'est sa petite fille Valérie qui a pris le relais et qui met tout en œuvre pour continuer à porter et transmettre cette mémoire à ses enfants et à ses neveux. C'est elle qui a été le gardien des valeurs et de la solidité familiale, fidèle aux traditions de l'Espagne. C'est elle qui m'a confié les écrits de Pepita pour en faire l'ouvrage que beaucoup connaissent.
Je terminerai en reprenant les dernières phrases du livre qui lui est consacré : « Pepita écoute attentive les commentaires sur sa vie. Elle insiste encore sur l'importance d'apprendre à lire et à écrire pour transmettre aux générations futures. Elle me gratifie de son éternel sourire. Avant de partir je me surprends à la regarder ému tant Pepita est admirable et sa vie entière est un hommage aux 500 000 républicains espagnols exilés. »
Miguel Ayala
ASEREF présente ses plus sincères condoléances à la famille de Pepita et ses remerciements à Miguel Ayala pour avoir été la plume talentueuse qui a su retranscrire dans son livre "La poupée perdue" l'histoire de Pepita. Une histoire qui pourra ainsi être transmise
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