ASEREF met en évidence le rôle des guérilléros lors de la cérémonie de la libération de Montpellier

Publié le par ASEREF

Lina Angles prononçant l'intervention d'ASEREF devant la stèle en hommage aux résistants et guérilléros du maquis Bir Kakeim

Lina Angles prononçant l'intervention d'ASEREF devant la stèle en hommage aux résistants et guérilléros du maquis Bir Kakeim

Benjamin Garcia notre porte drapeau

Benjamin Garcia notre porte drapeau

Michael Delafosse le Maire socialiste de Montpellier et Hervé Martin adjoint communiste

Michael Delafosse le Maire socialiste de Montpellier et Hervé Martin adjoint communiste

Libération de Montpellier: L'hommage au Maquis Bir-Hakeim ce dimanche matin 31 août 2024 .

Le discours de Lina Angles Vice-Présidente d'ASEREF:

Mesdames, messieurs,

En ce 80èmeanniversaire de la libération il est encore et toujours nécessaire de rappeler le rôle des républicains espagnols dans la résistance, ceux que l’on appelait les guérilléros.

Toujours nécessaire car, hormis les associations mémorielles de descendants de l’exil républicain espagnol, cette histoire est occultée année après année. Dans les nombreux articles que l’on a pu lire dans la presse nationale et régionale en ce mois d’août 2024 sur le thème de la résistance et la libération, soit le rôle des républicains espagnols est minimisé, soit il carrément ignoré.

Une tendance de certains historiens, vise à montrer davantage ce qu’ils appellent des règlements de compte avec les collabos à la libération, que les véritables actes de résistance de la population, concernant Montpellier on peut même lire récemment dans une interview d’un historien qualifier d’incidents la bataille de Montferrier, et qu’il n’y a pas eu de combats à proprement parler ! Et qu’à Montpellier il s’agissait davantage d’une évacuation que d’une libération ! Les résistants français, espagnols et d’autres nationalités doivent se retourner dans leur tombe.

Revenons donc au contexte des années 1939 – 1944

En février 1939, après la chute de Barcelone 500 000 réfugiés républicains espagnols civils et militaires traversaient les Pyrénées. Le gouvernement de la troisième République va enfermer plus de 200 000 d’entre eux dans des camps de concentration notamment sur les plages du Roussillon et aussi sur l’ensemble du territoire et en Afrique du Nord.

Les Espagnols qui luttèrent en Espagne pour la paix, la liberté et la justice vont poursuivre leur combat ensuite dans la Résistance et dans les Forces Françaises Libres, notamment avec le général Leclerc. Ils vont participer à la libération des principales villes du Pays dont Paris avec les FFi et aussi dans la deuxième DB avec la fameuse « Nueve ». A Montpellier, Toulouse, Foix, Nîmes ils seront de tous les combats… des milliers furent déportés à Mauthausen, dès 1940 près de 1000 d’entre eux étaient livrés aux allemands par le gouvernement de collaboration basé à Vichy.

Dans le Gard, le combat de la madeleine reste comme un des plus connus de la libération de notre région

Des dizaines et des dizaines de combats, d’embuscades témoignent de leur engagement et de leur haute conscience politique et la dimension humaine de ces guérilléros.

Le colonel français Serge Ravanel ex chef des FFI de la région de Toulouse témoignait « valeureux parmi les plus valeureux résistants ils ont su se sacrifier avec héroïsme et courage, de plus nos résistants français qui se confrontaient à la nécessité de la lutte sous forme de guérilla pour laquelle ils n’étaient pas préparés trouvaient avec les camarades espagnols une expérience inestimable. Nos camarades, poursuit Ravanel, ont acquis durant la guerre d’Espagne les connaissances que nous autres ne possédions pas : ils savaient fabriquer des bombes avec des explosifs artisanaux, ils savaient tendre des embuscades, ils connaissaient à fond la technique de la guérilla, c’était pour nous des frères de combat. A la libération en les voyant défiler nous nous demandions : mais quand pourront-ils rejoindre leur patrie ? Quand pourront-ils vraiment fêter cette liberté pour laquelle ils ont tant lutté à nos côtés ? Que va faire la nation française pour les aider répondant ainsi à l’aide tant généreuse qu’ils nous ont apporté ? »

Dans l’Hérault :

Regroupés souvent dans des compagnies de travailleurs étrangers, comme à Clermont l’Hérault, les espagnols étaient très actifs, ils menèrent une forte campagne contre le travail obligatoire. Ils eurent à subir une répression féroce qui coûta la vie à nombre d’entre eux.

Fin 1943, Galvez fut détaché de la brigade de guérilléros de l’Aude et fut envoyé dans l’Hérault par la direction de la résistance espagnole afin de constituer les premiers groupes armés qui devaient composer la 11ème brigade.

En début d’année des groupes se créèrent à Pézenas, Clermont l’Hérault et à Bédarieux. Ils ont été nombreux à combattre avec le maquis Bir Hakeim.

Une fois ces bases établies, le commandement fut confié à Luis Bermejo qui établira d’étroits contacts avec des officiers appartenant l’Armée Secrète, à Pézenas, contribuant au succès des opérations d’envois aériens.

Le groupe de Clermont l’Hérault était composé dans sa quasi-totalité par les espagnols encadrés militairement dans une compagnie de travailleurs, c’est-à-dire officiellement « légale ».

Dans cette compagnie à part le commandement qui était français, les espagnols occupaient tous les postes dans les bureaux (incorporations, signature des contrats avec les employeurs, etc.).

Les fausses cartes d’identité abondaient parmi les espagnols, les guérilléros allaient et venaient ainsi plus facilement du fait que les papiers étaient en règle.

Ce n’était pas un cas isolé c’était ainsi dans la plupart des compagnies de travail qui servirent souvent de base pour développer des groupes de guérilléros en France.

Les employés de la compagnie de Clermont l’Hérault attaquèrent une nuit le dépôt de celle-ci emportant chaussures, vêtements, vivres qui devaient servir à aider le maquis souvent dépourvu de l’essentiel et qui était stationné dans les exploitations forestières ou autour.

Les espagnols de l’Hérault prirent contact avec un détachement du commandant Léon ancien des brigades internationales, de nationalité polonaise. Dans ce groupe il y avait aussi beaucoup d’espagnols.

Le détachement était en contact avec le commandement FTPF basé à Lodève.

De nombreuses actions furent menées :

En mars 1944 furent détruits 14 postes de haute tension près de Montpellier et à Graissessac fut partiellement détruit le pont sur la route de Millau à Béziers.

An avril sabotage de la voie ferrée entre Agde et Vias, aussi à Saint-Jean de Védas et au Sud de Bédarieux.

En juillet le pont de la route de Millau fut entièrement détruit au cours d’une embuscade contre un détachement allemand.

Si les guérilléros devaient déplorer la mort de l’un d’entre eux et trois blessés, les allemands laissèrent sur le terrain avant de se disperser 43 morts et plusieurs blessés.

Le 4 août réception d’envois aériens en collaboration avec les français, ce qui procura aux guérilléros un abondant matériel de guerre.

A partir du 20 août la quasi-totalité des forces espagnoles participèrent aux combats pour la libération de Montpellier au cours desquels six guérilléros furent blessés.

Béziers, Saint-Pons et d’autres localités furent libérés avec la participation des espagnols aux côtés des français.

Les résistants républicains espagnols, les guérilléros, méritent aujourd’hui que la France reconnaissance véritablement leur rôle dans la libération du pays.

Nous voudrions citer avant de terminer, quelques combattants de la résistance, il y en eu beaucoup d’autres : Robert Euvrard alias capitaine Vincent, un ancien des brigades internationales qui s’engagea auprès des républicains espagnols en 1937 à l’âge de 20 ans et qui participa activement à la libération de Montpellier et aux combats de Montferrier à la tête de 200 hommes parmi lesquels de nombreux guérilléros.

Avec beaucoup d’autres espagnols qui ont combattu pour la libération de Montpellier il y a avait aussi Juan Puig le père de Lina Angles vice présidente de notre association puis aussi Jean Miras de Mauguio qui, très jeune, participa aux combats de la libération jusqu’à l’esplanade, Enrique Escoms qui participa à la bataille de Montferrier qui fut longtemps le président héraultais des anciens guérilléros espagnols, Domitien Muñoz qui participa avec le maquis Bir Hakeim à de nombreuses actions dans la région.

Merci monsieur le maire de Montpellier de nous donner la possibilité de perpétuer le nécessaire devoir de rappel historique.

Soyons dignes des valeurs de la résistance. Honneur et gloire à tous les résistants français, espagnols et de toutes nationalités qui ont versé leur sang pour nos libertés.

ASEREF Montpellier le 31 août 2024

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